QUAND
JE SUIS ARRIVÉ EN FRANCE, JE ME SUIS DIT, "la pratique de
la religion en France doit être semblable à celle que nous
avons en Angleterre." Aussi, imaginez quelle ne fut pas ma surprise,
la semaine dernière, lorsque j'ai voulu creuser un peu plus le
sujet. Je ne suis pas tellement croyant moi-même, même s'il
me semble qu'il pourrait être intéressant d'observer ce qui
se passe à l'intérieur d'une église française,
d'une synagogue, d'une mosquée, d'un stade de football, et, en
général, dans tout endroit où on célèbre
un culte.
Je prenais le café avec un de mes amis, et le questionnais sur
la religion en France. Est-ce que cela se passait comme en Angleterre
?
"Ça dépend," répondit-il, ce qui semble
être la réponse qui revient le plus régulièrement.
Aussi ai-je demandé à Michel de me décrire un dimanche
matin dans une église française. Ce qu'il me raconta me
surprit au plus haut point.
Michel: « Tout d'abord, tout le monde va à l'église
et le curé dit quelques mots de bienvenue.
- : Somme toute, comme en Angleterre, jusqu'ici. Et qu'est-ce qu'il porte
?
Michel: Normalement, il porte un amict.
- : Il porte un ami ? ? Pour quoi ça ? !
Michel: Je ne sais pas. C'est toujours comme ça.
- : Il porte son ami pour combien de temps ?
Michel: Pendant tout le service, naturellement !
- : Mon Dieu. Je pense que les prêtres en France sont plus forts
que ceux que nous avons en Angleterre. Mais, j'ai une autre question.
Dis-moi, il porte toujours le même ami ou bien est-ce qu'il change
d'ami d'un dimanche à l'autre ?
Michel: Bof
Alors là, je n'en sais rien. Je présume
qu'il lave son amict de temps en temps. Il doit probablement en avoir
un ou deux qu'il garde en réserve dans un placard, quelque part.
- : Il lave ses amis et les garde dans un placard ?
Cela m'était difficile à croire, mais Michel n'est pas du
genre plaisantin.
Michel: Enfin bref. Après avoir salué, il va à l'autel
- : Mais il vient tout juste d'arriver !
Michel: Oui, mais c'est normal en France.
Je commençais à suspecter les Français de ne pas
être aussi religieux qu'ils ne voulaient bien le faire paraître.
- : Alors, qu'est-ce que le curé fait à l'hôtel ?
Michel: Il récite quelques prières. Ensuite, il invite les
gens pour la communion.
- : A l'hôtel ?
Michel: Oui, a l'autel.
- : Toujours en portant son ami ?
Michel: Oui, il porte encore son amict à ce moment-là.
Cette fois, c' en était trop. Ne pouvant plus m'en empêcher,
j'attrapai le fou rire.
- : Et qu'est-ce qu'il leur donne ? Le plat du jour et un quart de litre
de vin ? !
Michel: Ecoute, je ne suis peut-être pas très croyant, mais
là, tu dépasses les bornes. Tu devrais montrer un peu plus
de respect à l'égard de l'église française
!
Bien sûr, je sais qu'il a raison, mais c'est vraiment très
difficile de prendre un service religieux au sérieux quand le curé
porte son ami pendant tout le service - service qui se termine presque
aussitôt qu'il avait commencé, et où tout le monde
disparaît à l'hôtel !
La France pour les optimistes
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